Uchronia Casa

Protéiforme et post-architectural, le collectif Uchronia s’est construit un univers à son image. Un espace à la fois habitation, bureau et showroom au coeur du très créatif dix-huitième arrondissement de Paris.

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Appartements
2020

Protéiforme et post-architectural, le collectif Uchronia s’est construit un univers à son image. Un espace à la fois habitation, bureau et showroom au coeur du très créatif dix-huitième arrondissement de Paris.

C’est aux abords du square Clignancourt, non loin des Puces du même nom ou du quartier Montmartre et de ses artistes que s’est installé le studio Uchronia. Véritable lieu d’expérimentation, l’endroit réunit collections auto-éditées, pièces de designers et meubles chinés, sans cesse renouvelés par une équipe passionnée de vintage et d’enchères. Modèles originaux et classiques du design trouvent alors une nouvelle identité dans l’assemblage et le téléscopage.

La vague, une ode à la liberté

Parquet, moulures et cheminée, typiquement parisien, l’appartement change lui aussi de personnalité au contact du jeune studio. Investit de l’esprit Uchronia, son style haussmannien classique se pare de couleurs vives et d’élégance pop. De vagues aussi. Motif leitmotiv de l’agence, le serpentement court de pièce en pièce, habillant l’espace de ses formes organiques, véritable invitation au voyage et à la liberté rêvée de l’Acapulco ou du Rio des 70’s. Vivifiant, nous le retrouvons au salon dans le canapé Cannaregio de Gaetano Pesce (circa 1990), le tapis et les tables basses de Wave, la première collection de mobilier signée Uchronia, ou dans la chambre, avec la chaise Ondulation, oeuvre du décorateur Jean Royère.

Interrogations créatives

Élément de langage récurrent de l’histoire de l’ornementation et de l’architecture, la vague nous entraîne à travers les époques et les espaces de l’appartement. Dans le séjour, aux côtés des céramiques de l’artiste Emmanuelle Roule (imaginées pour Forest, le restaurant du Musée d’Art Moderne de Paris) ou des rideaux Uchronia inspirés par Joseph Alberts, elle questionne les frontières de l’artisanat et de l’art contemporain. Traversant et très lumineux avec ses six grandes portes-fenêtres, le logement poursuit ses interrogations créatives au travers de ces alcôves que sont la chambre et le petit salon avec son fauteuil Uchronia, lui aussi réalisé pour le Musée d’Art Moderne de Paris.

L’amour des matériaux et du travail artisanal

Trouvé lors d’un vide-grenier dans la région du Perche, ce dernier fût réalisé dans le cadre de travaux étudiants par un designer inconnu et, répondant à des classiques tels que la lampe Tahiti d’Ettore Sottsass ou des poteries de Vallauris, il résume à lui seul l’esprit du studio. Idéal, avec son bar globe terrestre des années 70/80, pour recevoir clients et amis, avant de s’attabler pour dîner ou présenter ses projets sur la grande table de matériaux plastiques réutilisés et refondus du designer hollandais Dirk van der Kooij. Une signature partageant avec Uchronia l’amour de la réhabilitation que l’on retrouve dans la bibliothèque-bureau avec ses Chubby Chairs. Là, au milieu des livres d’art et des dossiers de travail, figurent également des prototypes de céramiques de raku rappelant, comme la totalité de l’appartement, l’importance que prend ici l’affection pour les matériaux, le sourcing et le travail artisanal.